Tourisme durable et

Accessibilité des destinations : ce que le tourisme pour tous suppose

Un séjour accessible ne se résume pas à une rampe devant un musée. Il dépend d’un parcours entier : trouver une information adaptée, rejoindre le lieu, circuler sur place, dormir et participer aux activités dans des conditions dignes.…

Un séjour accessible ne se résume pas à une rampe devant un musée. Il dépend d’un parcours entier : trouver une information adaptée, rejoindre le lieu, circuler sur place, dormir et participer aux activités dans des conditions dignes.

Le tourisme pour tous suppose donc une coordination entre collectivités, professionnels, associations et services de santé. Pour bâtir une destination inclusive, les territoires peuvent s’appuyer sur la démarche « Destination pour tous » et l’accompagnement proposé par le Cerema.

A retenir :

  • Parcours touristique cohérent, de la préparation du séjour aux activités
  • Accessibilité universelle intégrée aux politiques locales
  • Coordination des acteurs du tourisme, du handicap et de la santé
  • Appui du Cerema et réseau de collectivités engagées

Accessibilité des destinations : penser le séjour comme un parcours

Cette vision globale prend tout son sens lorsqu’on suit un voyageur depuis la préparation de son départ jusqu’à son retour. Une destination peut proposer des lieux adaptés, mais rester difficile à pratiquer si les transports, les cheminements ou les renseignements ne se raccordent pas.

Tourisme accessible : relier transports, hébergements et activités

Pour comprendre les obstacles, imaginons une famille qui prépare une visite dans une ville côtière. Elle doit pouvoir vérifier les conditions d’accès d’un train, d’un arrêt, d’un restaurant et d’un hébergement accessible, sans découvrir les contraintes une fois arrivée.

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Selon le Cerema, l’accessibilité se travaille sur l’ensemble de la chaîne de déplacement, du cadre bâti à la voirie et aux transports. L’information adaptée compte autant que l’aménagement adapté : une description précise des cheminements ou des équipements aide chacun à décider et à organiser sa journée.

Accessibilité universelle : intégrer différents besoins

Les situations de handicap sont diverses et peuvent concerner la mobilité, la vision, l’audition ou la compréhension. Le tourisme accessible gagne donc à proposer des solutions complémentaires, plutôt qu’un dispositif unique supposé convenir à tous.

Selon les données présentées par le programme du Cerema, plus de 12 millions de personnes sont en situation de handicap en France. Ce repère rappelle l’enjeu d’un accès équitable aux loisirs, à la culture et à la découverte, sans réduire l’accessibilité à une seule catégorie de visiteurs.

Repères pour un parcours touristique :

  • Transports accessibles et cheminements continus entre les lieux
  • Hébergements accessibles décrits avec des informations vérifiables
  • Activités culturelles et de loisirs avec modalités d’accueil explicites
  • Mobilité inclusive favorisant autonomie et choix personnels

La cohérence du parcours dépend ensuite de décisions locales coordonnées, qui donnent une méthode aux acteurs et aux projets.

Destination pour tous : organiser l’action locale

Une fois les besoins repérés, la collectivité doit transformer le diagnostic en décisions partagées. C’est précisément l’intérêt d’une démarche territoriale : faire travailler ensemble les acteurs dont les choix influencent le séjour.

Une labellisation fondée sur une offre cohérente

« Destination pour tous » est une marque de l’État qui valorise les territoires engagés dans un accueil touristique inclusif, pour leurs habitants comme pour les visiteurs. La démarche tient compte des infrastructures, des services de soins et de répit, ainsi que de l’offre d’hébergement, de restauration, de culture et de loisirs.

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Selon le ministère chargé du tourisme, le label distingue une offre adaptée à l’échelle d’un territoire plutôt qu’un équipement isolé. Les informations disponibles sur la marque indiquent une attribution pour cinq ans ; cette durée ne dispense pas les collectivités de poursuivre leurs améliorations.

Composantes à coordonner :

  • Espaces publics et équipements accessibles
  • Offre touristique couvrant hébergement, restauration et loisirs
  • Services de soins et de répit mobilisables
  • Information fiable sur les conditions d’accueil

Une gouvernance associant tourisme, handicap et santé

Cette coordination évite que chaque service municipal traite séparément une partie du parcours. L’office de tourisme peut documenter l’accueil, tandis que les services techniques examinent les cheminements et les partenaires locaux signalent les besoins de soutien.

Le tableau suivant distingue des responsabilités complémentaires, sans supposer qu’une seule organisation puisse garantir l’inclusion des voyageurs. Dans une petite commune, plusieurs fonctions peuvent être portées par une même équipe, à condition que les échanges restent réguliers.

Acteur Contribution possible Point de vigilance
Collectivité Espaces publics et coordination locale Relier tourisme et politiques urbaines
Office de tourisme Information et orientation des visiteurs Décrire concrètement les conditions d’accès
Professionnels Accueil, hébergement et activités Partager des renseignements actualisés
Acteurs du handicap et de la santé Expertise sur les besoins et les services Associer les personnes concernées aux choix

Cette organisation prend forme plus facilement lorsque les collectivités disposent d’un accompagnement technique et d’échanges avec d’autres territoires.

Accompagnement du Cerema : préparer une destination inclusive

Après la coordination locale, l’ingénierie aide à préciser les étapes et les moyens nécessaires. Le programme collectif « Accessibilité des territoires touristiques » accompagne les territoires qui souhaitent progresser vers la labellisation, quel que soit l’état d’avancement de leur projet.

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Un appui adapté au niveau de maturité du territoire

Le Cerema peut accompagner la préparation de la démarche, la définition du périmètre éligible et la mise en place d’une gouvernance adaptée. Son intervention peut aussi porter sur la préparation d’un audit externe, la constitution du dossier et sa présentation à la commission nationale.

Selon le Cerema, l’appui local est ajusté aux besoins repérés lors d’un échange avec les équipes. Le partenariat avec l’Agence nationale pour les chèques-vacances prévoit une prise en charge de 50 % du coût de l’intervention du Cerema par une subvention de l’ANCV, selon les modalités du programme.

Candidater et apprendre avec d’autres territoires

Le programme s’adresse notamment aux collectivités et groupements adhérents au Cerema, aux binômes réunissant une collectivité et un office de tourisme, ainsi qu’aux départements adhérents. Les candidats peuvent se renseigner auprès du référent accessibilité du Cerema et compléter le formulaire prévu pour présenter leur projet.

Un espace collaboratif sur la plateforme Expertises.Territoires permet aux participants de consulter des ressources, poser des questions et partager leurs expériences. Ce réseau peut aider une commune à comparer ses choix avec ceux d’autres destinations, sans copier une solution qui ne correspondrait pas à son contexte.

Étapes possibles de la démarche :

  • Échange initial avec le Cerema sur les besoins locaux
  • Définition du territoire et des partenaires concernés
  • Audit externe et préparation du dossier de candidature
  • Actions de progrès après l’évaluation du projet

Ce travail collectif permet d’inscrire l’accessibilité dans la durée, au-delà d’une candidature ou d’un équipement particulier.

Source : Cerema, « Programme Accessibilité des territoires touristiques » ; ministère chargé du tourisme, informations relatives à la marque « Destination pour tous ».

À retenir

Voyager durable comme un choix réfléchi, pas comme une contrainte

Qu'il s'agisse de choisir un mode de transport, de réserver un hébergement ou de planifier la période d'un séjour, chaque décision mérite d'être anticipée. Comprendre les besoins réels des territoires visités permet d'en tirer aussi des bénéfices concrets : expériences plus authentiques, impact mieux maîtrisé et retombées locales renforcées.

Pour aller plus loin

  • Vérifier l'adéquation entre le mode de transport choisi et la distance du trajet
  • Comparer les hébergements et leurs engagements réels, pas seulement affichés
  • Anticiper la saisonnalité pour limiter la pression sur les destinations les plus fréquentées
  • Privilégier les acteurs locaux dès la phase de préparation du voyage